| |
L'Angola aujourd'hui
Avec ses infrastructures complètement détruites ou inutilisables, avec un tiers de sa réduite population (à peine 12 000 000 d'habitants sur un territoire deux fois plus grand que la péninsule ibérique) déplacée hors de son territoire d'origine et avec quelques tragiques records mondiaux, l'Angola ne semble pas, à première vue, pouvoir présenter une image très positive au monde.
Il paraît en effet, en difficile d'expliquer que sur un territoire potentiellement parmi les plus naturellement favorisés du continent africain, disposant de pétrole, de diamants, de minerais stratégiques, de bois, de climats tempérés et tropicaux, de ressources hydrauliques et de bien d'autres richesses, près de 70% de la population vit encore en dessous du seuil de la pauvreté, avec un revenu par habitant insuffisant à assurer sa simple survie.
Et pourtant' l'Angola a réussi jusqu'à présent à préserver l'essentiel, autrement dit son indépendance et son intégrité territoriale, ainsi qu'à jeter les fondements d'un État de démocratique de droit et de paix, à garantir l'unité de son peuple autour d'un projet national; cela, malgré toutes les agressions t actions de déstabilisation dont le pays a été la cible au cours des trente dernières années
La spÉcificitÉ culturelle
L'Angola est un pays ethnique, une Nation faites de plusieurs nations, selon la définition du regretté poète et premier président de la république indépendante, dont l'identité a été forgée au long des siècles par une histoire conflictuelle, faite d'échanges socio-économiques, culturels et linguistiques entre des peuples d'origine diverse.
Tout ceci a donné naissance à une société sui generis, ceci même dans le contexte des autres pays africains colonisés par le Portugal, au sein de laquelle coexistent des peuples différents, les uns, essentiellement de culture urbaine, ouverts aux nouvelles tendances et d'autres plus ruraux, préservant leurs langues et traditions.
La longue guerre de libération nationale (1961-1974) et les conflits qui ont suivi l'indépendance, malgré les drames et le cortège d'horreurs qui sont leur sont associés, ont eu au moins le mérite d'achever la détribalisation du pays, déjà avancée, en faisant circuler sur tout le territoire des représentants de toutes les ethnies et régions, et en accélérant par là même leur intégration dans une entité nationale reconnaissable à ses principaux symboles : drapeau, hymne national, unité monétaire commune sans oublier la langue officielle portugaise.
Aujourd'hui, nul ne remet plus en cause l'existence de «l'angolanité» si longtemps annoncée. Celle-ci consiste avant tout dans la conscience d'appartenir à une entité nationale, sur une base hitorico-culturelle, symbolique ou simplement affective, qui implique le respect non seulement du patrimoine commun, des valeurs, croyances et principes de la majorité des citoyens, mais encore de l'identité et du développement de tous les groupes formant la nation angolaise, avec leurs cultures respectives.
Cette valorisation a connu une phase importante, notamment avec la fixation de l'alphabet et la description phonétique, phonologique, morpho synthaxique et sémantique des six principales langues de l'Angola : le Kikongo (parlé au nord), le kimbundu (parlé dans une région allant de Luanda à Malange), le tchokwe (à l'est), l'umbundu (au centre sud), le mbunda et le kwanyama (au sud) |
|